A Betz, Lévignen mais dans d’autres communes du sud de l’Oise, subsistent encore visibles, les vestiges bétonnés de la ligne Chauvineau. De quoi s’agit-il?

Face à la menace d’une offensive allemande, l’Etat-major français décida en 1939 de construire, en appoint de la ligne Maginot, une ligne de défense capable de stopper des engins blindés et protéger Paris. Il s’agit de la ligne Chauvineau, du nom du général concepteur de cette dernière fortification permanente française.

La ligne Chauvineau, le dernier rempart avant Paris.

Au début des années 1930, une commission d’études de la défense nationale propose la construction d’une ligne de défense pour protéger Paris. Cependant, il faut attendre le déclenchement de la guerre pour que les travaux commencent, dans l’urgence. De septembre 1939 à mai-juin 1940, environ 300 blockhaus furent coulés par une main d’œuvre militaire (ouvrages MOM) de la vallée de la Seine (Conflans-sainte-Honorine) au Canal de l’Ourcq (La Ferté- sous-Jouarre) en utilisant autant que possible les obstacles naturels que constituent la vallée de l’Oise, la Nonette, les lisières des bois, la Grivette et, où cela fut nécessaire, en  barrant  les trouées . Ce dispositif a été réalisé et plus ou moins achevé sur un développé de 130 kms environ et formant un demi-cercle au nord et à l’est de la capitale.

Un dispositif de défense complet

Cette unique ligne principale était pourvue d’une organisation défensive complète.Tout d’abord, un réseau de 14 kms de fossés antichars a été creusé. D’environ 2 à 3 mètres de large, ils sont consolidés par des clayonnages en bois. Par ailleurs, les lisières des forêts ont été organisées par le creusement de tranchées, dont certaines encore visibles, par exemple à Ormoy-Villers. Des zones inondables ont été prévues sur la Nonette et la Grivette, dont les maçonneries des barrages subsistent.Pour compléter ce dispositif, des barrages de tétraèdres devaient être dressés sur les axes, aux entrées des communes, des ponts détruits ou minés.Sur ces ouvrages, des procédés de camouflage étaient prévus  (rocailles, filets, rondins) en témoignent les crochets de fixation de filets encore présents sur les dalles de couverture.

Mais, l’essentiel du dispositif de fortification militaire repose sur la construction de blockhaus encore visibles aujourd’hui, révélant une grande diversité de structure même si, pour gagner du temps, des plans types furent définis. Casemates pour canon antichars de 25 mm, boucliers et renforcés, tourelles pour mitrailleuses. Dans le sud de l’Oise, de Gouvieux au canal de l’Ourcq en passant la vallée de la Nonette, nombreux sont les vestiges encore visibles de la ligne Chauvineau, en particulier dans le secteur de Betz. Là, ils sont peu à peu mis en valeur et visibles. Un patrimoine et une histoire encore mal connus à découvrir.

Informations supplémentaires

Trace située sur un terrain privé.

 
 

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Bertrand Brown

Bertrand Brown

Il y a 2 mois

Très instructif ! Merci !

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